Mécénat de compétences et bénévolat de compétences partagent les mêmes valeurs, parfois les mêmes causes, et bien souvent les mêmes collaborateurs.
Mais ils ne relèvent pas des mêmes logiques.
Dans les entreprises engagées, cette frontière est pourtant floue. Une collaboratrice accompagne une association ? Est-elle sur son temps de travail ou en dehors ? S’agit-il d’un dispositif structuré ou d’une initiative personnelle ? La confusion est fréquente, jusque dans les reportings ou les communications.
Et pourtant, distinguer clairement les deux formes d’engagement est essentiel, pour des raisons fiscales, juridiques, organisationnelles et stratégiques.
Mécénat de compétences : un engagement de l’entreprise
Le mécénat de compétences est défini par la loi. Il s’agit de la mise à disposition, par une entreprise, des compétences d’un collaborateur sur son temps de travail, au profit d’un organisme d’intérêt général.
Ce dispositif est encadré juridiquement : il ouvre droit à une réduction fiscale pour l’entreprise (comme tout mécénat, selon l’article 238 bis du CGI), tant que l’action est désintéressée et bénéficie à une structure éligible.
Quelques caractéristiques clés :
- Le collaborateur reste salarié de l’entreprise
- Il est volontaire mais mobilisé sur son temps de travail
- L’entreprise formalise l’engagement via une convention tripartite
- Le cadre est défini (durée, mission, objectifs)
- C’est une prestation encadrée, structurante, souvent adossée à une politique RSE ou mécénat claire
Bref, c’est un véritable levier stratégique s’il est bien pensé.
Bénévolat de compétences : un engagement personnel
Le bénévolat de compétences, lui, relève d’un tout autre registre. C’est un engagement libre, pris à titre personnel par un collaborateur, qui décide de donner de son temps (et de ses compétences) à une cause d’intérêt général, sur son temps personnel.
Il n’y a pas d’avantage fiscal pour l’entreprise. Pas d’obligation de formalisation. Pas de lien contractuel entre l’entreprise et l’organisme.
Cela ne veut pas dire que cet engagement est moins utile. Mais il n’a pas les mêmes implications.
Mécénat ou bénévolat : là où les lignes se brouillent
C’est souvent dans les entreprises les plus impliquées que les confusions sont les plus fréquentes.
Un collaborateur utilise ses compétences pour une association ? C’est du bénévolat, sauf s’il le fait sur son temps de travail, avec l’accord de l’entreprise. Là, cela devient du mécénat.
Une entreprise valorise l’engagement de ses collaborateurs ? Très bien. Mais si elle communique publiquement sur ces actions comme étant du mécénat de compétences, alors qu’il s’agit de temps personnel non encadré, elle prend un risque d’inexactitude (voire de green ou socialwashing involontaire).
Pourquoi la distinction est importante
Au-delà des mots, la distinction entre mécénat et bénévolat a des impacts :
- Fiscaux : seul le mécénat ouvre droit à une réduction d’impôt pour l’entreprise
- Juridiques : le mécénat engage l’entreprise, le bénévolat relève de la sphère privée
- Organisationnels : un mécénat de compétences suppose une gouvernance, une convention, un suivi
- Stratégiques : le mécénat de compétences peut s’inscrire dans une démarche RSE, RH-marque employeur, innovation sociale…
5 repères pour clarifier vos engagements
Voici 5 bonnes pratiques pour ne plus confondre mécénat et bénévolat de compétences :
- Formalisez vos dispositifs : convention tripartite, mission encadrée, traçabilité
- Encadrez le temps mobilisé : mécénat = temps de travail ; bénévolat = temps personnel
- Communiquez avec clarté : valorisez les deux types d’engagements, sans les confondre
- Impliquez les RH et les managers : pour organiser sereinement la mise à disposition des collaborateurs
- Formez vos équipes : RSE, mécénat, communication, juridique… pour garantir conformité et cohérence
Mécénat de compétences et bénévolat de compétences : deux formes d’engagement, un même élan
Mécénat de compétences et bénévolat de compétences sont deux façons, complémentaires, d’engager les talents au service de l’intérêt général.
L’un engage l’entreprise et la personne. L’autre n’engage que la personne.
L’un peut être structurant, stratégique, à fort impact. L’autre peut être libre, ponctuel, nourrissant.
Les deux méritent d’être valorisés. Mais pas confondus.
Et si la clé, c’était de penser les deux dans une stratégie alignée ?
Si le sujet vous questionne, parlons-en.
