Le 28 septembre s’est tenue la journée européenne des fondations organisée par le Centre Français des Fonds et Fondations à l’Institut Pasteur. Journée autour du thème « Innover avec et pour la jeunesse, les fondations s’engagent », et occasion pour les acteurs associatifs, privés et publics de partager les enjeux du soutien à l’innovation sociale par la philanthropie.
Philanthropie : les 8 enjeux clés du soutien à l’innovation sociale
1 – À la différence de l’innovation sociale, l’innovation technologique est très visible, accompagnée et soutenue financièrement. L’innovation sociale est un parent pauvre alors que nous en avons tous besoin. Plus nous sommes nombreux à porter l’intérêt général, mieux c’est pour la démocratie.
2 – L’acceptation du risque : s’appuyer sur la philanthropie pour financer l’innovation sociale, c’est financer de l’expérimentation et donc du risque. Il n’y a jamais d’importants retours sur investissement dans l’innovation sociale, même quand c’est un succès. Il n’y a pas d’amortisseur de risque.
3 – Les critères de rentabilité classiques ne fonctionnent pas. « L’innovation sociale ne pourra jamais être résumée à une contribution monétaire ou à un équivalent monétaire. » – Benoit Hamon directeur général de SINGA. Il reste néanmoins important de mesurer et de valoriser la rentabilité sociale et écologique des projets et acteurs de l’innovation sociale, même s’il est souvent compliqué de cerner l’intégralité des externalités positives. Des milliers d’acteurs de l’innovation sociale agissent sur les territoires sans entrer dans les critères.
4 – Les difficultés de financement de l’innovation sociale par la puissance publique. « Nous devons réussir à croiser les priorités, les fenêtres de tir entre politique publique et acteurs de la philanthropie pour identifier les programmes sur lesquels se mobiliser ensemble. Faire bloc pour plus d’efficacité. L’Etat fera en sorte, par exemple, que les écoles ouvrent leurs portes aux associations, ce qui leur évitera des coûts de démarchage. » – Mathieu Maucort, délégué interministériel à la Jeunesse.
5 – Sans la contribution des mécènes au financement de la solidarité et de l’intérêt général, une grande partie des projets/porteurs n’existerait pas vu le recul de la puissance publique. Ce qui est d’autant plus méritoire pour les entreprises qui ont une fondation, sachant que la France n’est qu’à la 9ème place des pays européens pour la facilité de création et de gestion des fondations. « Le rôle des mécènes est crucial pour financer l’#ESS (Economie Sociale et Solidaire) qui contribue au modèle social français, qui aurait fortement reculé sans ces financements. Il manque aujourd’hui une constance dans l’effort de la puissance publique pour soutenir l’ESS. » – Benoit Hamon.
6 – L’union fait l’impact : le maillage partenarial favorise la sécurité et la stabilité des projets. S’associer à un autre mécène pour soutenir des projets portés à la fois par des associations et des collectivités territoriales pour s’assurer d’être au plus près des besoins locaux. Même si cela demande du temps, il est important d’embarquer toutes les parties prenantes pour avancer sur le changement systémique et accroître l’impact. Cela permet également d’apprendre à se connaître, de partager des bonnes pratiques et de monter en compétences.
7 – La nécessaire articulation des différentes modalités d’accompagnement des acteurs de l’innovation sociale par les mécènes : soutien financier, mécénat de compétences, aide au plaidoyer en fédérant d’autres acteurs autour d’eux pour faire changer les lois, accompagnement à la mise en place du projet, à la construction d’un modèle économique permettant de gagner en autonomie et de faciliter la recherche de financements, à la gestion et mobilisation des bénévoles, etc. Beaucoup d’expertises dont disposent les entreprises peuvent être partagées avec les associations qu’elles soutiennent.
8 – Le positionnement des mécènes sur du temps long (minimum 3 ans), ce qui permet aux associations de se concentrer sur leur mission et la création de valeur sociale, et non sur la collecte de fonds. Privilégier une philanthropie sur du temps long et un soutien moins fléché sont un signe d’un partenariat basé sur la confiance, ce qui est très précieux et permet d’expérimenter, de capitaliser et d’essaimer sans qu’il y ait de rupture pour les associations.
Un grand merci à tous les intervenants, porteurs de projets et mécènes pour leurs témoignages inspirants et émouvants.
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